À PROPOS

Née en 1966 à Dijon, en France, Myriam Wallengren (née  Myriam Mardellat) étudie à l'École Nationale des beaux-arts de Dijon, formation qu'elle complète au Departement of Visual & Performing Arts de Clark University à Worcester, Massachusetts, aux États-Unis en 1989-1990.  Un an plus tard, elle s'installe à Montréal et fréquente à partir de 1997 les ateliers théoriques et pratiques de Pierre Lafleur, artiste-peintre et muraliste.  En 1999 elle se joint par ailleurs au regroupement d'artistes Atelier 205, fondé et dirigé par Pierre Lafleur, ce qui lui donne notamment l'occasion de participer à quatre voyages de création en Espagne, chacun suivi d'une exposition collective à Calpe (Costa Blanca) de 2001 à 2004.

De 2003 à 2006, elle a été représentée par la Galerie Jean-Pierre Valentin, qui l'a invitée à participer à plusieurs de ses expositions. Des œuvres de Myriam Wallengren ont  été présentées à l'édition 2005 et 2006  de la grande expo-vente LES FEMMEUSES

Elle poursuit désormais sa recherche et production picturale à l'atelier Quadriart situé au 24 Mont Royal Ouest à Montréal.

Ses toiles, composées par touches et par couches successives, évoquent plus qu'elles ne représentent, faisant avant tout retentir les couleurs. L'huile est marquée dans son épaisseur par le geste, souvent grattée et striée par la spatule pour faire vibrer les strates à l'unisson.

 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Ma démarche, bien qu'elle s'inscrive dans le cadre d'un médium traditionnel, "le tableau" huile sur toile, vise à questionner les différents aspects de cette forme d'art en faisant se répondre formes et couleurs dans un dialogue entre le figuratif et l'abstrait.

À mon sens, abstraction et figuration se reflètent l'un dans l'autre dans le jeu de l'envers et de l'endroit; je ne les conçois pas comme antinomiques mais comme constituant un univers complémentaire méritant d'être exploré en parallèle dans un continuum. Dans cet esprit, ma recherche picturale part souvent d'éléments concrets : fruits, vase, bol, bouteille  etc... Ces objets plongés dans un environnement relevant de ma propre mise  en scène, qui s'invente elle-même dans l'élaboration d'un regard subjectif affranchi des limites de la convention, ce conventionnel qui peut être symbolisé par le thème récurrent des natures mortes que j'exploite. 

Dans les peintures, j'aime recréer de toute pièce un espace, le composer au fur et à mesure en cassant les plans et en brisant les lignes, ce qui me porte à suivre de nouvelles trajectoires. Ce travail est axé sur la juxtaposition des couleurs. L'élément couleur est en effet primordial dans mes tableaux, puisqu'il en constitue la matière brute, en plus d'en être l'élément déclencheur et ce tout autant dans une toile abstraite, géométrique que figurative. Je considère les fruits représentés comme des prétextes à la couleur, comme la tache dont est issue la forme. Dans l'évolution de la série des Natures mortes, les objets tendent à se "dématérialiser" : monochromes de plus en plus synthétisés dans des espaces géométriques, ils abandonnent de leur substance pour se muer en formes pures. Tout autour, la touche n'est plus strictement brossée au pinceau; désormais, les empâtements à la spatule apportent en contrepoint un surplus de densité.

J'aime multiplier les approches: diversifier les formats, changer les gammes de couleurs, tenter des associations inusitées, jouer sur la texture, intégrer du collage, aborder la toile d'une nouvelle façon en la balayant d'un fond coloré qui viendra jouer en concordance avec le sujet, alterner abstraction et figuration au gré de l'inspiration, voire même les faire se côtoyer dans une même toile, l'élément "couleur" permettant de faire tenir le tout par sa force. Mes travaux récents sont le reflet de ma fascination pour la lumière, qui sculpte et définit l'objet. Les ombres de fin de journée allongées viennent soutenir ces derniers et le jeu du traitement  des ombres leurs confère à la fois un caractère ludique et interrogateur. Par analogie avec l'être humain, sa part d'ombre n'est t-elle pas proportionnellement plus grande que sa vérité et sa transparence?  Le champs des possibles est infini. Bref, il s'agit d'explorer sans limites, de réinventer ce qui n'existe pas pour donner à voir aux autres.

 

 

Le bonheur de peindre

Amoureusement déployée, la palette de Myriam est chaude, solaire, méditerranéenne, pourrait-on dire, à la fois resplendissante et juste dans la nuance, riche et gourmande: le premier regard est séduit par une peinture aussi audacieuse de composition qu'équilibrée, et sereine dans les contrastes les plus vifs. On sent la vitalité, le plaisir, la santé. Et puis, si   l’œil s'attarde, au-delà du charme des thèmes, qu'ils soient concrets (la fleur, le fruit, le compotier) ou abstraits, au-delà de la ligne cursive et élégante qui les déploie, et au-delà de la géométrie qui les sous-tend,  l’œil est induit lentement dans la matière fluide, la texture spatulée, la pâte dont cette peinture est faite, sensuelle, mûre, fruitée, qui éveille des souvenirs gustatifs et tactiles complexes, mariant les doigts et les papilles au plaisir d'une touche qui, dès lors, semble naître d'elle-même, et par elle-même.

Car cette peinture est avant tout peinture. Et si Myriam passe facilement du portrait `la nature morte ou au paysage abstrait minutieusement élaboré, incrusté de pierreries (taches ou collages) ou éclaté dans l'envol lyrique où l'eau, la pierre, l'air et le feu s'entremêlent en un roulis rythmé, il y a une clef commune aux différentes périodes, un sceau initial qui marque les diverses écritures, une même source qui alimente les "séries". Le mystère de la peinture n’est-il pas là, dans ce désir initial qui suscite les choses autant qu’elles le suscitent, qui fait qu’on ne sait plus bien si c’est la pomme qui fait le rouge ou le rouge qui fait la pomme, lorsque la couleur avale toute chose et distille toutes les allusions pour faire triompher la pure musique des yeux!

La leçon de Bonnard et de Braque est assimilée. La modernité de l’op’art et du constructivisme aussi. Les tableaux actuels qui en résultent témoignent d’une action présente pour laquelle le mot « art » est à la fois évident et superflu. Ici, plus que la réalité n’est reproduite, c’est la réalité de la peinture qui se produit. Je salue en Myriam le bonheur de peindre, que donne, et qui donne le bonheur de regarder.

Pierre Lafleur
Artiste peintre et muraliste
Août 2002

 

 

Quadriart Atelier de l'artiste

Atelier de l'artiste

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